SINGE SAPIENS, L'animal est arrivé
Gavarre Benjamin
© BENJAMÍN GAVARRE SILVA
(Francophone Version)
HUGO: Un académicien quadragénaire, expert en lettres modernes, spécialiste de l'existentialisme. Tiraillé entre sa pensée cartésienne et un instinct préhistorique qu'il réfute intellectuellement.
SARA (Mentionnée): Sa femme. Pragmatique, elle a troqué la passion pour les documentaires d'Arte et les enquêtes criminelles suédoises.
LISANDRO (Mentionné): Le voisin "Épicurien" et snob du bio-dynamique.
L'HUGONOT: L'alter ego d'Hugo; sa version du Paléolithique Supérieur, qui prend le dessus dès que la bureaucratie ou le service client s'en mêlent.
2. Le Spectacle (Poster Design)
Image: A medium close-up of Hugo in his minimalist white quartz kitchen, perhaps on a Parisian underground stage. He wears the medical-grade silicone harness over a tailored charcoal grey three-piece suit. Under one arm, his motorcycle helmet. What makes it striking: his face is painted with two large red stripes (warrior style), and he holds a wireless microphone, staring intently at the audience with a mix of academic confidence and silent internal panic. The brick wall backdrop has a subtle neon sign that reads: LE CAVE DE L'ESPRIT (THE CELLAR OF THE MIND).
Title: MONO SAPIENS (LE CAVE DE L'ESPRIT).
Tagline (Español): "El hardware no acepta actualizaciones de cortesía."
Tagline (Français): "Le hardware n'accepte pas les mises à jour de politesse."
And here is the fully expanded and francized script:
III. Le Manuscrit: Mono Sapiens (Le Cave de l'Esprit)
(SCÈNE: Une cuisine moderne, minimaliste. Cuartzo blanc. HUGO entre. Il porte un harnais d'allaitement ergonomique de haute technologie, qu'il réajuste sans cesse. Dans une main, une éponge de cuisine; de l'autre, son casque de moto. Il s'arrête, fixant le public avec un mélange de fatigue existentielle et de fierté académique. Sa voix est celle d'un homme qui donne une conférence au Collège de France).
I. Le Spécimen Sapiens-Plus
HUGO: Regardez-moi bien. Observez ce spécimen. Je suis l'aboutissement de millénaires d'évolution, le zénith de la civilisation occidentale, un véritable "modelo Sapiens-Sapiens-Sapiens… Plus." Je ne traîne plus personne par les cheveux; non, j'tire le chariot du supermarché d'une seule main, tandis que de l'autre, je réponds aux courriels de la maison d'édition sur la transversalité des genres et l'intersectionnalité du texte… Ugh... Quel virelangue, n'est-ce pas?
[SLAPSTICK: La bouteille du harnais glisse légèrement et commence à faire couler de la "formule bio" sur ses chaussures en cuir. Hugo essaie de boucher la fuite avec l'éponge tout en continuant à parler sans perdre sa pose d'intellectuel].
Je fais la vaisselle, comme vous pouvez le voir… Et je ne me contente pas de la laver; je la sèche. Je la trie par matériau! Je sais quelle fibre ne raye pas le Téflon et quel détergent a le pH neutre pour ne pas froisser la sensibilité du cristal. Sara fait une sieste bien méritée parce qu'elle s'occupe du bébé la nuit, et moi… eh bien, j'allaite. D'accord, c'est une prothèse médicale… mais je suis au sommet de la déconstruction. L'homme qui allaite. La "Nouvelle Masculinité" qui ose pleurer sur la tragédie existentielle de Buzz Lightyear. Vers l'infini… et au-delà, ha!
II. Les Derrières et le Nettoyeur de Piscine
HUGO: Mais le cerveau reptilien est un traître. Il refuse de disparaître parce qu'il sait qu'il est parfois totalement nécessaire: pour courir, pour se battre, pour pédaler… vous voyez? Pour réveiller un mari qui ne voit plus sa femme que comme faisant partie du décor de la cuisine, vous n'avez pas besoin de thérapie de couple. Vous avez juste besoin qu'elle se baisse pour ramasser un papier… et que vous la regardiez, par-derrière.
Boum! L'angle du bassin, l'architecture de la hanche... et le petit reptilien s'active au sous-sol de la psyché. En une microseconde, le type arrête de penser à l'épargne-retraite ou à l'égalité des genres, et tout ce qu'il veut, c'est chasser le bison, marquer un essai, et glisser vers l'en-but. Et pour être franc, il n'est même pas indispensable que ce soit le derrière de votre femme… dans ces cas de perturbation reptilienne, n'importe quel derrière fera l'affaire. N'importe lequel. N'importe quel cul.
Prenez hier... le nettoyeur de piscine. Un type fait d'une pure géométrie grecque. Un David de Michel-Ange en short de bain. J'étais là, avec mon livre sur La Sémiotique du Regard Profond, essayant de ne réifier personne...
[ACTION: Hugo fait mine de lire sérieusement, mais ses yeux s'abaissent violemment. Son cou se tord de façon anormale tandis que sa bouche continue de réciter des fragments académiques].
Mon esprit disait: "Hugo, respecte sa dignité humaine." Mais mon reptile interne hurlait: "Regarde cette courbure lombaire! Quelle structure robuste pour la cueillette des fruits!" Il est devenu mon coup de cœur inattendu. Et soudain... Bam! Le type se retourne. Nos regards se croisent. Il sait que je sais qu'il sait. Et que fait mon reptile? Il salue comme un mâle Alpha pathétique et total.
(Hugo lève le pouce avec un sourire maniaque et rigide): —"Hé... bon angle d'attaque avec ce balai, champion! Quelle... technique d'aspiration des feuilles!" Aspiration des feuilles! Pour l'amour de Dieu! Il me regarde comme si j'étais un psychopathe des arbustes et je cours à l'intérieur me cacher derrière ma machine Nespresso Nestlé.
III. La Guerre des Clans (La Règle des Deux Centimètres)
HUGO: Mon voisin, un ÉPICURIEN qui fait du yoga et sent le bois de santal... a planté un poteau de clôture à deux centimètres de ma propriété. Deux centimètres! À l'échelle de l'univers, ce n'est rien, mais dans mon cerveau primitif, c'est comme si quelqu'un pissait sur un terrain sacré. Je me suis retrouvé à 3 heures du matin avec un mètre ruban et une pelle, en sous-vêtements, hurlant: "C'EST MON TERRAIN, ESPÈCE D'HOMME-CHAT SOLITAIRE!"
C'était deux centimètres à l'intérieur de ma grotte, mesdames et messieurs. Et c'est là que le lézard a planifié sa vengeance silencieuse. Qu'est-ce que j'ai fait? J'ai garé ma voiture exactement devant l'entrée de son garage. Ce n'était pas nécessaire. Il y avait cinquante mètres de trottoir vide... mais mon instinct m'a forcé à déposer mon "SIGNATURE DISTINCTIVE" là. Le singe intérieur ne comprend pas l'urbanité; il comprend le territoire.
Je savais qu'il me regardait. Je pouvais sentir sa haine vibrer derrière les stores. Mais Lisandro est si "moderne" qu'il n'a pas eu le courage de m'affronter… Il est allé se plaindre à ma femme! Il a sauté la chaîne de commandement! Ma dignité s'est effondrée. Sara est sortie, m'a attrapé par l'oreille devant lui, et m'a réprimandé comme si j'avais six ans:
[ACTION: Hugo se tire lui-même l'oreille vers le haut, debout sur la pointe des pieds, sa voix devenant aiguë et soumise].
HUGO (comme Sara): —"Hugo, imbécile! Bouge la voiture tout de suite et demande pardon à M. Lisandro!"
Et j'étais là... déplaçant la voiture avec la tête baissée, tandis que Lisandro me regardait avec ce sourire suffisant de "jardin zen."
IV. Sara et le Fantôme de Duolingo
HUGO: (Se soignant le derrière) Ça fait mal! Mais l'âme a encore plus mal... Nous avons tenu 17 ans, Sara et moi. Dix-sept ans à s'appeler “chéri” et “ma chérie” comme une publicité d'assurance. Mais le train-train quotidien est un ninja qui vous tranche la gorge avec du fil dentaire. Le sexe n'était plus du feu; c'était... une procédure administrative. Comme le renouvellement de votre permis de conduire: de longues files d'attente, beaucoup de paperasse, et à la fin, vous obtenez un morceau de plastique froid qui ne vous ressemble même pas.
Et elle? Ma femme Sapiens au cube. Sara. Elle s'est laissé vaincre par la gravité. Elle s'est laissé aller... directement sur le canapé. Elle a perdu deux dents et s'en fichait complètement; elle disait que ça aidait le flux d'air pour sa prononciation française sur Duolingo. Pur optimisme!
[ACTION: Hugo imite Sara sur le canapé, bouche bée, faisant un sifflement étrange à travers le vide entre ses dents].
HUGO (comme Sara): —"Voilà Monsieur Trudeau... La pomme est rouge"... (Sifflement). Écoute cet accent, Hugo! C'est de la finesse...
HUGO: Elle savait dire "La pomme est rouge" en huit langues, mais elle avait oublié comment me dire "Je te veux" en français. J'essayais de la séduire avec ma meilleure tête de "Viking moderne," et elle me regardait comme une publicité YouTube que vous ne pouvez pas ignorer. Elle passait son temps à regarder des feuilletons espagnols sur les marquises et les ducs… Et moi, pendant ce temps, je googlais combien coûtait une Harley... quelque chose qui vibrait plus que notre mariage.
V. Le Héros du Petit Pain
HUGO: Le Hugo reptilien veut sauver n'importe quelle femelle en détresse... sauf la pauvre Sara. Un jour, le "Monsieur Indestructible" qui vit dans mes glandes surrénales a vu un petit punk arracher un sac de pain à une vieille dame. Mon moment! L'appel du destin!
[ACTION: Hugo essaie de commencer à courir héroïquement mais laisse échapper un cri étouffé et s'attrape le derrière. Il boite de façon exagérée, comme un pingouin blessé].
HUGO: Agh! Ma sciatique s'est réveillée! Mais j'ai poursuivi ce punk comme un guerrier spartiate... ou enfin, comme un canard avec une hernie discale. J'ai récupéré les deux petits pains et suis revenu avec ce sac comme si je rapportais une tête de sanglier à la grotte. À l'extérieur, j'étais un demi-dieu; à l'intérieur, mon nerf sciatique jouait la Neuvième Symphonie de Beethoven avec un câble haute tension.
Je suis arrivé avec mes jambes arquées, le torse bombé, en pleine agonie. Vous savez ce qu'est la douleur sciatique: vous ne marchez pas, vous bougez par inertie. Ma jambe droite a refusé de reconnaître mon autorité; elle agissait en solo, rigide, à un angle de 45 degrés pour éviter l'étincelle dans mon cul.
Sara n'a pas vu un héros... elle a vu un Homme-Parenthèse qui était à un éternuement de la paralysie totale. Elle portait deux sacs d'oranges de dix livres et elle m'a regardé comme: "Tu as risqué ta vie pour deux centimes de pain et tu m'as laissé porter vingt livres de courses? Tu portes le bidon d'eau de 5 gallons en haut des escaliers quand nous rentrons, mon cher 'Achille du trottoir'."
VI. Le Guerrier de la Route (Autoroute Sparte)
HUGO: Là où le singe Sapiens devient vraiment fou, c'est sur la route! Là-bas, ma voiture n'est pas une berline; c'est mon armure! Mon bunker! L'autre jour, un abruti m'a accroché le rétroviseur. Qu'est-ce que le "Sapiens Hugo" a fait? Il est mort! Assassiné par Mr. Hyde! Je suis sorti comme un démon: "Connard! Tu as profané mon territoire mobile! C'EST SPARTE!"
[ACTION: Hugo essaie un coup de pied style "300", mais la crampe lui fait crier: "Ayyyy!"].
Et le pire? Mes enfants sont sur le siège arrière, hurlant avec les veines du cou qui explosent: "Attrape-le, papa! Casse-lui la gueule! Déchire-le en morceaux!" J'ai dû me calmer. Une partie de moi dit "paix et amour," mais mon cerveau du Pléistocène dit: Je vais assassiner ce fils de pute. Je m'excuse d'une main tout en essayant d'empêcher mes enfants de sauter dehors pour finir le travail. Mon logiciel dit "câlins pas balles," mais mon hardware réclame une lance.
VII. L'Incident au Walmart
HUGO: Chez Walmart, trois femmes m'ont percuté avec leurs caddies. Bam! Juste dans le cul. Une meute de petites "femmes de uva" à l'esprit méchant mais très culottes. Elles me rassemblaient comme une bête de somme! Je suis allé voir le vigile: —"Monsieur, ces citoyennes agressent systématiquement mes fesses." Vous savez ce que la loi a fait? —"Oh, monsieur, ne soyez pas une tarlouze! Bougez plus vite et arrêtez de bloquer le passage." J'étais là, avec mes fesses en bouillie et mon armure cabossée!
Puis à la station-service, une dame me coupe la route. Je vais me plaindre et elle réplique: "Pourquoi me parlez-vous? Qui vous en a donné la permission?" Et avant que je puisse l'insulter, un type apparaît... un Hugonot de deux mètres de haut menaçant de me casser la gueule. Mon singe intérieur s'est transformé en une cacahuète émotionnelle et je suis retourné à la voiture avec la queue entre les jambes. Je suis un lion... fait de carton.
VIII. L'Incident de "Edna Mode"
HUGO: L'autre jour au travail, enseignant une leçon sur l'Éthique Nicomaquéenne, elle entre: une minuscule professeure, type Edna Mode. Elle est entrée et m'a dit que je faisais trop de bruit… Directement devant mes élèves! L'Hugonot interne a pris les commandes. Je suis allé à la classe d'à côté, j'ai ouvert la porte d'un coup de pied et j'ai rugi: —"Tu ne me dis pas de me taire, toi... non-entité! Je contrôle mon territoire!"
Silence total. Les élèves me regardaient comme si je me faisais pousser une queue de crocodile. Cinq minutes plus tard, un courriel des RH: "Demandez pardon ou vous êtes viré." J'y suis allé et j'ai présenté l'excuse la plus fausse et cynique qui soit: —"Je regrette mes 'formes', collègue... (sous ma respiration) mais c'est la guerre...". Elle a accepté avec un sourire de victoire et je suis parti furieux.
IX. Le Transfert des Trois Femmes (La Fête Swinger)
HUGO: Plus tard, ma relation avec les femmes a pris un tournant dramatique. J'étais là! Cheveux teints en bleu minuit, à une fête swinger. Avec trois femmes. TROIS! (Lève trois doigts). Essayant de me souvenir comment "l'acte" fonctionnait, multiplié par trois. Et les maris... ils me regardaient avec pitié et soulagement. Ils étaient dans un coin discutant passionnément de savoir si les lasagnes devaient avoir du poivre supplémentaire ou non.
[ACTION: Hugo mimes leaning against a bar, but his sciatica twinges. He freezes with one hand on his lower back and the other holding an invisible glass].
Ce n'était pas un "échange," c'était un transfert de dette émotionnelle. Ces maris me regardaient comme si j'étais le camion poubelle venant ramasser les déchets radioactifs de leurs mariages. Le vrai Alpha n'est pas le type avec trois femmes; c'est le type qui amène un autre idiot à s'occuper d'elles pour qu'il puisse parler de lasagnes végétariennes en paix! Ma délicate masculinité n'a pas rétréci par peur... elle a juste déserté. Rien ne s'est passé. Ça n'est même pas sorti pour dire bonjour. Maintenant, je sais ce que ça fait d'être harcelé!
X. La Finale Primale
HUGO: Le monde est un tas de merde, je le sais. Ma vie est un feuilleton où je suis la victime. Mais ça suffit! J'apporte mon vrai moi. Mon singe intérieur! Les motos et les fêtes ne fonctionnent pas. Je veux des tatouages, des tambours et un feu de joie!
[La lumière rouge inonde la scène. Un tambour tribal profond commence].
Plus de Duolingo! Plus de vaisselle! Plus de bébés qui allaitent! Laissez-la faire! Je libère l'Alpha Mâle Tectonique! (Il déchire le harnais et le jette dans le lave-vaisselle). Je me rase la tête! Je me peins le visage en rouge sang! Je marque mes nalgas avec des rayures couleur feu! Des marques qui disent: CECI EST MON CLAN! Et n'importe quel Lisandro qui s'approche de ma clôture sentira mes griffes dans sa gorge! Je suis un tigre! Je suis une panthère!
[Hugo beats his chest. Mimes putting metal through his nipples].
Plus de discussions polies! Seul le rythme du tambour! Pour rugir! POUR RUGIR!
[Hugo entre en transe. Sauter, tourner, émettre des cris gutturaux. Il est un singe nu dans une cuisine de quartz].
C'est mon moment! Je viens de naître, bon sang! Pour rugir! Pour marquer mon territoire! L'ANIMAL EST ARRIVÉ!!!
(Rugissement final. La lumière rouge s'intensifie. Le tambour s'arrête brusquement. OBSCURITÉ TOTALE).